Superhéroïne du calcul de pointe

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« Si on a besoin de puissance de calcul pour de la recherche, je peux probablement être utile. »

Julie Faure-Lacroix, jeune femme aux yeux pétillants étudiant à l’Université Laval, nous parle de son travail à Calcul Québec, partenaire régional de Calcul Canada. Elle ne vous le dira jamais elle-même, mais il est clair qu’elle fait figure de superhéroïne universitaire, arrivant à la rescousse juste au moment où les chercheurs pensent avoir perdu tous leurs espoirs pour un projet.

Son travail, comme agente de liaison scientifique, consiste à entrer en contact avec les chercheurs pour leur montrer comment le calcul de pointe peut les aider dans leurs recherches, le mandat de Calcul Québec et de Calcul Canada étant d’ouvrir la voie à l’accélération de la recherche et de l’innovation scientifique par la mise en œuvre des systèmes de calcul informatique de pointe (CIP), des solutions de stockage et des logiciels les plus avancés qui soient.

Madame Faure-Lacroix est titulaire d’une maîtrise en biologie de l’Université Laval. Ce n’est qu’après avoir entrepris ses études de doctorat qu’elle a commencé à travailler pour Calcul Québec à temps partiel. Elle poursuit son doctorat sur les chauves-souris (dont la population a été gravement touchée par le syndrome du nez blanc) dans le but de contribuer à établir un système de gestion pour la viabilité de la population.

Le jour, elle seconde les étudiants et les universitaires afin qu’ils deviennent plus efficaces dans l’utilisation des ordinateurs pour leur travail. Ses études en sciences pures lui permettent de communiquer plus efficacement avec les biologistes et les autres scientifiques. Beaucoup de gens ne saisissent pas les avantages du calcul de pointe et Julie leur explique ce dont ils ont besoin.

« En biochimie et en génomique, on fait appel au calcul de haute puissance depuis des années, indique-t-elle. Par contre, les chercheurs qui étudient les souris, les perroquets et les oiseaux n’y ont pas nécessairement recours. Ils travaillent, cachés au fond de leurs laboratoires, ignorant qu’ils pourraient utiliser des superordinateurs. Les gens de Calcul Québec avaient de la difficulté à les atteindre parce qu’ils ne les connaissaient pas et qu’ils n’étaient pas familiers avec leur langage scientifique. Je fais office de traductrice en quelque sorte, et cela fonctionne très bien. »

« Par exemple, j’ai travaillé sur un projet du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. Ils ont un énorme programme d’observation des changements climatiques, nous explique-t-elle. Ils créent des cartes et essaient de prévoir l’apparence des forêts de l’avenir. Pour cela, ils étudient d’autres endroits en Amérique du Nord, des endroits où les températures sont actuellement celles qu’on verra éventuellement au Canada. »

Cependant, examiner toute l’Amérique du Nord génère un volume important de données, alors madame Faure-Lacroix leur a prêté main-forte pour réduire considérablement les temps de calcul. En 2009, lors de l’exécution des modèles sur leurs systèmes existants, il a fallu six mois pour traiter les données. Aujourd’hui, le même traitement peut se faire en moins de 48 heures.

« Il a suffi de changer le code, d’utiliser de meilleures machines et de profiter du traitement parallèle », précise-t-elle avec un sourire.

Un autre exemple : un professeur de l’Université de Montréal lui a demandé d’aider un élève qui avait de la difficulté avec ses modèles.

Le professeur craignait que cet étudiant ne vienne pas à bout de finir sa maîtrise car ses modèles prendraient plusieurs mois à s’exécuter. Madame Faure-Lacroix a aidé cet étudiant à exécuter ses modèles plus efficacement. Elle lui a également enseigné comment transformer son code en code parallèle, ce qui lui a permis de développer des modèles beaucoup plus complexes et d’approfondir sa recherche.

« Beaucoup de personnes abandonnent parce que leur ordinateur plante ou parce que le temps de traitement leur semble infini. Elles finissent par réduire l’étendue de leur recherche ou regrouper leurs données, constate-t-elle. C’est ce que nous cherchons à éviter. L’erreur est de se servir d’un ordinateur portable pour faire un travail qui nécessite une trop grande puissance de calcul. C’est ici que j’entre en scène. »

Madame Faure-Lacroix reconnaît avoir deux atouts particuliers dans son travail. D’abord, étant une femme, elle croit que cela la rend moins intimidante et, ensuite, étant une scientifique elle-même, elle parle la même langue que les personnes qu’elle cherche à appuyer.

« J’adore assister les gens dans leur recherche, ajoute-t-elle. C’est très satisfaisant. Lorsque des chercheurs me réfèrent d’autres collègues, vous savez qu’ils ont vraiment apprécié ce que vous avez fait. »

Et quelle sera la prochaine étape pour madame Faure-Lacroix? Elle espère terminer son doctorat, puis un jour devenir professeur et possiblement bénéficier, à son tour, des services de Calcul Québec et de Calcul Canada. En attendant, elle continuera de soutenir d’autres collègues chercheurs.

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