Freud, Joyce et le pouvoir des grandes données

Anglais

Il suffit de peu de temps pour que le public s’aperçoive qu’Unconscious in the Sistine Chapel n’est pas une pièce de théâtre ordinaire. Tout d’abord, il n’y a pas d’accessoires ou de décors. L’arrière-plan de même que les œuvres d’art détaillées de la chapelle Sixtine sont plutôt créées à l’aide de la technologie interactive de projection de lumière. Une sorte d’hologramme.

À mesure que la pièce se déroule, le public se rend compte qu’il s’agit d’une conversation sur le pouvoir et l’influence des mégadonnées, les processus de mégadonnées créant l’action.

David Clark, un professeur agrégé d’art médiatique au Collège d’art et de design de la Nouvelle-Écosse, est l’un des esprits créatifs à l’origine de la pièce historique. « La pièce est une exploration des mégadonnées, explique-t-il. Elle pose la question suivante : est-il possible d’extraire des données physiques des vestiges du passé?

Clark connait bien ce genre de production. Ses projets multimédias primés ont été présentés sur les scènes de Sundance, de la conférence SIGGRAPH, du Transmediale à Berlin et du Museum of Moving Images de New York. Il admet toutefois qu’Unconscious in the Sistine Chapel ne ressemble à aucun autre des projets qu’il a réalisés jusqu’à présent. « Nous avons inventé certaines choses, dit-il. Nous utilisons des accessoires interactifs. Par exemple, lorsqu’un acteur prend des jumelles et commence à scruter l’horizon, le public peut voir la projection de ce qu’il voit. »

Au cœur de la technologie, il y a un « plateau holographique » de la chapelle Sixtine, un effet créé à l’aide du groupement de huit projecteurs interconnectés. La nouvelle technologie éclaire aussi les acteurs à l’aide d’une technologie de repérage des positions du corps. Daniel Oulton est le technologue et programmeur qui a conçu cette technique novatrice.

La pièce est une œuvre de fiction spéculative à propos d’une rencontre fortuite entre le psychanalyste Sigmund Freud, l’écrivain James Joyce et leurs compagnons qui a lieu dans la chapelle Sixtine en 1905. L’action est entrecoupée de scènes mettant en vedette les deux personnages modernes: Phoebe, un archiviste qui a une perspective romantique de l’histoire et Phil, un investisseur qui tente de ranimer le passé en se servant d’environnements de réalité virtuelle reconstruits grâce à l’exploration de données. Au cours de la pièce, il devient évident que l’interaction entre Freud et Joyce met en lumière le projet de Phil.

Michael MacKenzie est l’auteur d’Unconscious in the Sistine Chapel. « Il est un novateur précoce de la technologie virtuelle au théâtre, explique Clark. J’ai commencé à m’impliquer dans ce projet il y a deux ans alors que Michael a organisé des ateliers de création pour la pièce. Nous avons commencé à discuter et avons décidé de nous servir de diverses technologies pour communiquer des idées sur les mégadonnées et l’histoire. »

ACENET, partenaire régionale de Calcul Canada, fournit le soutien à la réalisation du projet en commanditant Unconscious in the Sistine Chapel par le biais de son Programme de commandites pour le calcul informatique de pointe. L’organisation offre aussi des conseils techniques. « Nous avons pu nous mettre en contact avec la caverne de données d’ACENET à l’Université Saint Mary’s, affirme Clark. Ils nous ont fourni beaucoup d’assistance technique. »

La première de la pièce aura lieu à la nouvelle salle O’Regan de la Bibliothèque centrale de Halifax. La production a été conçue précisément en fonction de cet emplacement. « Nous avons dessiné à l’échelle la chapelle Sixtine selon les dimensions de la salle O’Regan  », d’ajouter Clark. « Il reste que le défi sera d’adapter la mise en scène à d’autres troupes de théâtre. »

Malgré les innovations techniques, le véritable but de la pièce est de faire parler les gens, avoue Clark. Nous espérons qu’Unconscious in the Sistine Chapel suscitera des discussions sur le pouvoir des mégadonnées. »

Leave A Comment

Top