Aéronautique

Le Dr Fassi Kafyeke travaille sur des moyens de fabriquer des avions plus silencieux, plus légers et plus économes en carburant.

Aeronautics research

Anglais

FASSI KAFYEKE Compute Canada Researcher

Dr. Fassi Kafyeke
Directeur, Service de l’aérodynamique avancée, Bombardier Aéronautique, Montréal
Membre du Conseil, Calcul Canada

Secteur de recherche
Une part importante des recherches que Bombardier poursuit en tandem avec les universités fait appel à la modélisation numérique et à la simulation pour tester de nouvelles techniques d’aérodynamique, de nouveaux composites et diverses technologies de systèmes avant leur essai en milieu industriel. Calcul Canada met à la disposition des chercheurs universitaires son infrastructure et ses spécialistes, lesquels rendent possibles des tâches qui demandent une aussi grande quantité de calculs.

Pertinence des recherches
L’aérospatiale est un des secteurs industriels qui effectuent le plus de R‐D et exportent le plus leurs produits au Canada. Un des principaux enjeux du 21e siècle consistera cependant à comprendre l’impact de cette industrie sur l’environnement et à l’atténuer. Pour y arriver, il faudra trouver comment construire des avions moins bruyants, plus légers et moins énergivores.

Bombardier, l’entreprise canadienne figurant au premier rang au titre des dépenses en recherche et développement, collabore depuis longtemps avec les universités canadiennes. En quoi ce partenariat est‐il important?

Bombardier investit lourdement dans la R‐D appliquée, mais l’entreprise n’a pas une armée de scientifiques à sa solde pour s’occuper de la recherche de base. Nous faisons appel aux spécialistes des universités pour concevoir de nouvelles technologies prometteuses, puis nous les mettons en contact avec nos propres spécialistes. Une fois que le potentiel commercial d’une technologie a été démontré, nous procédons nous‐mêmes à des recherches complémentaires. De cette façon, la technologie en arrive à un point où il est possible de l’intégrer à un avion.

Quels sont les plus grands défis de l’aérospatiale dans le monde?
Atténuer l’empreinte environnementale des avions sera un enjeu majeur dans le futur. De nombreux domaines de recherche seront mis à contribution : les matériaux de pointe, les composites et les alliages métalliques pour alléger les appareils; l’aérodynamique et la configuration pour réduire la traînée, donc la consommation de carburant; ainsi que l’amélioration des systèmes électriques, pneumatiques, hydrauliques et autres afin de rendre les aéronefs plus efficaces. Ces nouvelles technologies devront être rentables avant de trouver leur place sur un avion. Pour effectuer les bons choix, il faut bien saisir ces technologies et nous y parviendrons en collaborant avec les universités.

Quelle valeur Calcul Canada ajoute‐t‐elle à de telles collaborations?
Nous appuyons financièrement divers projets, des projets qui misent de plus en plus sur la collaboration entre ingénieurs d’entreprise et ingénieurs d’université. Beaucoup recourent à la même architecture informatique — la même plateforme, parfois, et pour le genre de travail que nous finançons, cette plateforme est Calcul Canada. Nous avons tout intérêt à ce qu’elle soit optimisée.

La nature de la recherche universitaire que soutient Bombardier est‐elle en train de changer?
Oui. Jusqu’à présent, nous financions la phase initiale de recherches dont Bombardier pouvait exploiter spécifiquement les résultats. En avril (2014), un nouveau réseau national de recherche et de technologie a vu le jour — le Consortium en aérospatiale pour la recherche et l’innovation au Canada(CARIC). Ce réseau amènera Bombardier et d’autres sociétés aérospatiales à collaborer avec les universités sur des projets de recherche plus appliquée, correspondant à ce que nous appelons le «niveau de maturité technologique (TRL) 4+». On ne l’a encore jamais tenté avant, pas avec autant de collaborateurs ni sur une échelle nationale. Accéder à l’infrastructure de Calcul Canada n’importera pas seulement à Bombardier, mais aussi à toute l’aérospatiale canadienne.

De quelle manière l’accès à Calcul Canada — en tant qu’organisation nationale — facilitera‐t‐il ces collaborations?
N’avoir qu’un point de contact allège manifestement le travail. Dans l’industrie, nous n’avons tout simplement ni le temps ni les ressources pour traiter séparément avec chaque consortium régional ou université.

En quoi Bombardier a‐t‐il profité de l’expertise technique de Calcul Canada?
Nous travaillons constamment avec les universités pour implanter les nouvelles technologies comme l’application des unités de traitement graphique (GPU) au calcul intensif. Ces processeurs parallèles massifs (d’abord employés pour les jeux électroniques et le dessin d’animation) procurent une nouvelle et puissante plateforme avec laquelle les ingénieurs et les scientifiques accéléreront les modèles numériques employés pour la recherche en aéronautique. Mais pour nous en servir, nous avons besoin des professeurs d’université spécialisés en aéronautique ainsi que de l’aide des gens qui savent comment rehausser l’efficacité des modèles avec ces ordinateurs. Par conséquent, ce n’est pas uniquement l’équipement, mais aussi le soutien de Calcul Canada qui garantira la réussite de ces projets.

Comment aimeriez‐vous voir l’infrastructure de Calcul Canada évoluer en fonction des besoins de l’industrie?
Le Canada doit rehausser son infrastructure pour que la recherche en aéronautique ne soit pas dépassée par celle qui se poursuit ailleurs dans le monde. L’industrie est aux prises avec de sérieuses difficultés et elle a besoin des experts universitaires pour s’attaquer à ces problèmes. Avoir accès aux installations informatiques les plus évoluées n’est pas un luxe, c’est une nécessité si le Canada veut rester compétitif internationalement.

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