Shari Graydon, fondatrice d’Informed Opinions, explique comment communiquer en incluant les femmes

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Shari GEssayez ceci : dans Google Images, entrez femme et ordinateur. Parmi les premières images, vous verrez apparaitre une femme affolée devant un ordinateur en morceaux, une autre qui frappe son ordinateur avec un marteau et encore une autre avec un décolleté plus que plongeant.

« Ces images illustrent les défis de notre industrie », disait Shari Graydon au symposium annuel sur le calcul informatique de pointe HPCS de Calcul Canada. Graydon est l’instigatrice d’Informed Opinions, un organisme sans but lucratif dont la mission est d’éliminer l’inégalité des sexes dans les communications en laissant plus de place aux femmes et en renforçant leur leadership.

Au cours de l’atelier qu’elle animait et de la conférence qu’elle donnait dans le cadre du HPCS, deux premières pour le symposium, elle a abordé les préjugés principalement involontaires auxquels font face les femmes dans le secteur des TI et comment ceux-ci empêchent les femmes de choisir une carrière en TI ou d’y persévérer. L’ex-chroniqueuse journaliste et productrice télé a proposé des mesures concrètes que les entreprises et les organisations peuvent mettre en place pour favoriser l’inclusion et le dynamisme des ressources humaines.

Pourquoi augmenter le nombre de femmes en TI et en CIP

Les organisations qui favorisent l’inclusion provoquent l’engagement, la responsabilisation et l’efficacité. Selon Graydon, augmenter le nombre de femmes aide à stabiliser les marchés financiers, stimuler l’innovation, accroitre les profits, améliorer les relations avec la clientèle et produire une meilleure recherche scientifique.

« Pour être concurrentiel, il faut puiser dans le plus grand bassin possible de talent. Ceci inclut un examen des erreurs qui font que nous n’attirons pas les femmes et des mesures que nous pouvons prendre pour que les femmes que nous attirons soient à l’aise et restent plus longtemps », disait-elle aux délégués.

Reconnaissez vos préjugés

Selon Graydon, la première étape est critique : il faut reconnaitre ouvertement les biais relatifs au sexe et faire en sorte qu’ils passent de l’inconscient au conscient. Elle a demandé aux participants de l’atelier de mettre la rectitude politique de côté et de dresser la liste de leurs impressions sur les hommes et les femmes. Plusieurs réponses étaient prévisibles. Les femmes étaient décrites comme étant plus émotives, perspicaces et soignantes et moins agressives et techniques. En comparaison, les hommes étaient décrits comme étant logiques, compétents, indépendants, techniques, analytiques, capables de s’affirmer et forts en mathématiques.

Comment se positionne votre milieu de travail? Graydon encourage les compagnies et les organisations de faire passer à leurs employés le Harvard Implicit Association Test, une évaluation scientifique en ligne des attitudes et croyances que les gens ne veulent pas ou ne peuvent pas divulguer.

« Ça fait réfléchir. Moi qui travaille sur le sujet des femmes et des médias depuis 25 ans et malgré mon niveau de sensibilisation, j’ai été surprise par mes propres préjugés sexistes. »

Suis-je la meilleure personne pour ce travail?

Au cours de sa conférence, Graydon a mentionné que ses recherches démontrent que les femmes sous-estiment trop souvent leur expérience et leurs compétences.

Par exemple, les femmes refusent souvent des invitations à donner des conférences ou des interviews, croyant que quelqu’un d’autre est plus qualifié qu’elles. Elle demande donc aux femmes de dire Je vous aiderai avec plaisir plutôt que Je ne suis pas la meilleure personne.

« Vous n’affirmez pas que vous êtes la meilleure personne, mais vous laissez entrevoir que votre opinion est importante et peut ajouter de la valeur. »

Graydon a souligné que 61 % des diplômes universitaires sont remis à des femmes, mais elles sont trois fois moins sollicitées comme spécialistes par les médias que les hommes.

« C’est un problème. Puisque les femmes sont sérieusement sous-représentées dans les coulisses du pouvoir et dans le discours public, leurs perspectives et leurs priorités sont susceptibles d’avoir moins d’effet. »

Afin de rétablir l’équilibre, Informed Opinions développe présentement une  base de données d’expertise de femmes pouvant servir de référence dans des disciplines allant de l’énergie et du génie au développement international. Par ces efforts, la voix des femmes dans les médias est passée de 22 % en 2010 à 29 % aujourd’hui.

« Avec une présence sur la scène publique, avec plus de visibilité, les gens retournent vos appels, font des dons à vos causes, financent votre recherche. Je ne connais personne qui est engagé dans un travail jugé important qui ne voudrait exercer plus d’influence. »

Pour plus d’information sur comment votre milieu de travail peut inclure plus de femmes ou comment faire valoir la voix des femmes, visitez www.informedopinions.org.

 

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