Robert Wolkow change l’informatique, un atome à la fois

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Ce serait un pic informatique. Il semble que le semiconducteur traditionnel soit sur le point de connaitre le même sort que le pétrole avec le pic pétrolier. En effet, nous en sommes au point où, en moins de dix ans, il sera devenu impossible de miniaturiser davantage la technologie de plus en plus puissante qui est aujourd’hui à la portée de tous.

Selon le physicien Robert Wolkow, « on voit poindre les limites physiques des matériaux et on ne voit toujours pas comment faire plus petit, plus vite et moins cher ».

Il sait toutefois qu’on peut faire plus petit, plus vite et plus cher, ce que certains joueurs, par exemple Google, sont disposés à accepter, mais non le marché de consommation de masse qui ne peut se le permettre.

« L’industrie est en phase de saturation; la technologie est en voie de devenir un produit de base, affirme le physicien. Intel ne pourra plus maintenir son avance, du moins dans le domaine de l’électronique grand public. Personne ne veut poursuivre dans cette direction, tous cherchent une nouvelle voie. Ce n’est pas nouveau, mais ça devient de plus en plus urgent ».

Pour certains, l’informatique quantique est la solution. Cependant, ce n’est pas l’avis de Robert Wolkow qui, lui, emprunte une autre piste.

« L’informatique quantique est un peu tendance, c’est un exercice intellectuel intéressant, mais ça reste spéculatif. Nous, nous travaillons sur du solide. Nous avons trouvé le moyen d’aller au-delà de la technologie du transistor. Notre compagnie s’appelle Quantum Silicon Inc. et nous avons une nouvelle approche pour améliorer l’efficacité de l’électronique. C’est en quelque sorte de la technologie verte; très peu de matériel et très peu d’énergie ».

En ce moment, l’industrie s’acharne à réduire la chaleur générée par les composants électroniques; être vert procure un bel avantage. « Quand on accélère la vitesse des microprocesseurs actuels, ils surchauffent, se dégradent et ne sont plus d’aucune utilité. Avec notre technologie, il y aurait si peu de chaleur qu’on pourrait à nouveau envisager de faire plus petit, plus vite et aussi moins cher. Nous estimons que la consommation en énergie sera un millier de fois moindre que celle de la technologie actuelle ».

Quel est le secret? Travailler le silicium, un atome à la fois.

C’est un nouveau paradigme pour la manipulation du silicium.

Il s’agit de développer une technologie hybride. Dans son laboratoire, on utilise encore la technologie actuelle là où elle s’avère appropriée et efficace. Par contre, Des suralimenteurs ou des coprocesseurs prendraient en charge les tâches trop exigeantes pour la technologie traditionnelle en termes d’énergie et de temps pour les diriger vers ce nouvel outil qui laisserait au silicium ce qu’il peut si bien faire.

« Notre technologie hybride travaille à la fois de façon conventionnelle à l’échelle atomique. Nous sommes toujours en mode test, nous n’en sommes encore qu’au début de nos travaux, mais nous avons un prototype qui peut utiliser des électrons pour déplacer la charge entre les atomes et ainsi effectuer des échanges rudimentaires d’information. Nous avons commencé par établir les principes de base puis défini les principaux éléments de propriété intellectuelle; nous possédons déjà certains brevets et d’autres sont en cours de préparation ».

Il affirme que son équipe a créé le premier transistor à molécule unique avec atomes de silicium comme blocs de construction. C’est un excellent point de départ : si nous savons maintenant qu’il est possible de voir, de toucher et de travailler avec des atomes, nous pouvons aussi bâtir des outils avec des atomes, des outils qui serviront à bâtir d’autres outils. Les possibilités sont sans fin.

Pour Robert Wolkow, c’est le travail d’une vie. Cette idée a germé en 1987 alors qu’il était chercheur postdoctoral chez IBM à New York.

« À ce moment, j’étais le premier à constater une réaction chimique à l’échelle de l’atome ».

S’il en est là aujourd’hui, c’est en grande partie dû aux ressources de Calcul Canada. « ls nous ont donné des ressources extraordinaires que nous n’aurions absolument pas nous procurer. J’ai fait l’exercice, et je n’ai pas de problème en termes de financement, mais c’était tout simplement impossible. C’est pourquoi je suis très reconnaissant envers Calcul Canada et tout ce qu’ils nous ont donné depuis le début.».

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