Vers des collectivités mieux outillées

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Premier laboratoire du genre au monde, l’Institut canadien de recherche en études urbaines (Institute for Canadian Urban Research Studies; ICURS), installé à l’Université Simon Fraser, fait appel à la puissance du calcul informatique de pointe (CIP) pour transformer les méthodes d’analyse de la criminalité. Ses travaux illustrent avec éloquence comment les vastes ensembles de données et le CIP peuvent améliorer notre qualité de vie de façon inédite en prévenant les crimes et en rendant nos quartiers plus sûrs.

Dr. Patricia BantinghamL’application de nouveaux algorithmes à de grands ensembles de données pour réduire la criminalité se compare à l’arrivée des éléments de preuve provenant de l’analyse de l’ADN dans les enquêtes criminelles. L’ICURS rassemble des experts en criminologie, en informatique, en géographie et en économie. En collaboration avec le corps de police de la Colombie-Britannique, la directrice de l’ICURS, Patricia Brantingham, mène des recherches visant à faire connaître au public des méthodes de réduction de la criminalité et de planification urbaine fondées sur des données factuelles.

Calcul Canada et son partenaire régional WestGrid fournissent à l’ICURS les services sécurisés de calcul de haute performance dont il a besoin. Le physicien Martin Siegert met son expertise des codes de calcul informatique de pointe au service du projet, plus particulièrement à la mise en place, à l’exploitation et à la maintenance d’une infrastructure de bases de données capable de gérer les flux de renseignements en provenance des services de police.

« Nous pouvons accomplir en quatre minutes ce que les systèmes policiers mettent des jours à faire, indique le chercheur. Notre seule limite est l’imagination, et comme les gens ne se déplacent pas au hasard, nous pouvons modéliser des situations qu’il nous aurait été impossible d’appréhender il y a dix ans. »

La directrice de l’ICURS, la chercheuse Patricia Brantingham, est reconnue internationalement pour son travail sur les processus de sélection des cibles d’actes criminels et sur la géographie de la criminalité. Ses recherches en mathématiques sur la répartition des crimes en fonction de la configuration des quartiers sont incontournables pour comprendre ce qui rend un milieu propice ou défavorable à la criminalité.

« Nous mettons à profit les données récoltées par les centres d’appels d’urgence (9-1-1) pendant 20 ans ainsi que d’autres données touchant notamment à la circulation routière, au transport en commun et à la criminalité pour dégager une troisième façon d’envisager la cartographie de la criminalité. En effet, l’application des méthodes utilisées dans un autre domaine apporte une troisième dimension de réflexion et un nouveau moyen d’obtenir des résultats », explique la chercheuse.

Les résultats sont d’ailleurs impressionnants : les chercheurs de l’ICURS arrivent à prédire des situations très précises et résolvent même des crimes dont l’informatique traditionnelle n’aurait pas pu percer les mystères.

Ils peuvent par exemple prédire le coin d’une intersection où un crime est le plus susceptible de se produire et expliquer pourquoi il en est ainsi. Appliqué aux crimes violents, leur modèle permet de prédire en peu de temps la distance entre la scène du crime et le quartier où réside le contrevenant, l’âge de ce dernier et la probabilité qu’il s’agisse ou non d’un récidiviste.

En dressant une carte à partir des données de milliers d’actes criminels, dont les renseignements personnels ont été retirés, il est possible de trouver des motifs récurrents et les correctifs qui permettront de réduire la criminalité. La modélisation de l’interrelation entre l’échelle, le temps et l’espace, à laquelle se juxtaposent les coordonnées physiques, ne serait pas possible sans l’intégration de différents ensembles de données et les services de Calcul Canada.

Le modèle utilisé par l’ICURS est si particulier qu’il a retenu l’attention de Gary Bass, sous-commissaire de la GRC à la retraite qui s’est joint à l’équipe multidisciplinaire comme associé de recherche principal. Les simulations dirigées par Patricia Brantingham permettront des avancées qui, avec l’aide de partenaires municipaux et régionaux, pourraient être appelées à redéfinir l’avenir de nos collectivités.

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