Pour gagner la course, il nous faut fabriquer l’usine de l’avenir… Une économie dynamisée par l’informatique a besoin d’une infrastructure numérique

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Le soutien de l’innovation dans les secteurs de l’automobile, des ressources naturelles, des sciences de la vie et de l’aérospatiale ainsi que dans les petites et moyennes entreprises (PME) scientifiques en croissance représente un défi continuel au Canada. On parle beaucoup de notre capacité concurrentielle dans ces domaines. On parle d’occasions favorables en intelligence artificielle, en apprentissage automatique et en mégadonnées, et de l’Internet des objets. Toutefois, pour prendre la tête dans chacun de ces domaines, le Canada a besoin d’une infrastructure nationale de superinformatique.

Il nous manque une composante essentielle dans la discussion concernant l’infrastructure numérique. Nous parlons de réseau pour transférer les mégadonnées, d’endroits sûrs pour les stocker, les administrer, les archiver et les gérer. Mais ensuite? Pour en extraire quelque chose qui a de la valeur, il faut les traiter. Les superordinateurs sont les chevaux de travail modernes où les découvertes et l’innovation se produisent. Nous avons la possibilité de récolter les bénéfices d’une stratégie nationale de superinformatique.

Les superordinateurs, qui sont mille fois plus puissants qu’un ordinateur portable, ont changé le monde grâce à leur capacité de faire du traitement parallèle. On peut les comparer à des fourmilières. Des millions de fourmis (les processeurs) qui travaillent au même défi plutôt qu’à de nombreuses transactions séparées. Les résultats sont impressionnants… ils servent à créer de nouveaux médicaments, de nouveaux matériaux, de nouveaux avions à réaction, de nouvelles façons de diagnostiquer les maladies, de réduire les gaz à effet de serre ou de lutter contre le crime, ou encore à gagner des prix Nobel. L’intelligence artificielle, la génomique, la physique, le génie et la fabrication avancée n’existeraient pas sans eux.

L’autoroute Transcanadienne est extrêmement bénéfique à l’économie du Canada. Cependant, lorsqu’elle a été construite, le chantier était si gigantesque, qu’aucune région ou province, ni le gouvernement fédéral ne pouvaient l’entreprendre et le soutenir seuls. C’est quelque chose que nous avons bâti ensemble. L’acquisition d’un niveau adéquat de capacité en superinformatique demandera la même approche.

Les superordinateurs coûtent cher, requièrent une très grande quantité d’électricité et ont besoin de spécialistes pour les faire fonctionner. Plus le système est gros, plus les expériences et les innovations envisageables sont fascinantes. Tout comme pour la construction de notre autoroute nationale, une stratégie nationale en superinformatique pourrait faire la différence entre devenir un leader mondial ou nous laisser distancer dans ce qui sera sans doute la prochaine révolution industrielle. En ce moment, nous construisons des vélos alors que d’autres nations fabriquent des voitures de course.

Certains pays bâtissent des infrastructures concurrentielles non négligeables qui leur fournissent la capacité de calcul nécessaire à leurs investissements scientifiques et innovateurs.

Une solution canadienne pourrait consister à atteindre une volonté de mettre nos ressources en commun et de partager les ressources nationales de superinformatique. Nous conduisons tous sur les mêmes routes, alors nous pouvons aussi partager un meilleur superordinateur, surtout s’il nous propulse en première ligne sur le plan mondial.

Calcul Canada prévoit une multiplication des besoins de stockage par quinze et des besoins de calcul par sept dans le milieu universitaire seulement, et pourtant, au Canada, nous n’avons pas encore de plan en place pour un financement durable et prévisible de cette infrastructure essentielle. L’accès est limité pour les innovateurs canadiens, et les entreprises, après le stade de la découverte, sont souvent laissées sans réel accès à des ressources informatiques pour leur expansion (à quelques exceptions près).

D’autres nations font progresser leur démarche stratégique, dépassant leurs frontières régionales et provinciales afin d’atteindre un niveau concurrentiel approprié à la poursuite de leurs objectifs industriels et de recherche. Pour que le Canada puisse être en mesure de rivaliser, nous devons créer notre propre solution.

Des investissements dignes de champions (la voiture de course) permettraient aux Canadiens de partager l’accès à des ressources de superinformatique concurrentielles à l’échelle internationale ainsi que des scénarios d’accès partagé et de recouvrement des coûts pour soutenir les besoins locaux, régionaux, provinciaux et nationaux.

Au Canada, nous appuyons certains des meilleurs chercheurs au monde en intelligence artificielle, en génomique, en science du cerveau et en science sociale. Ils resteront si nous leur offrons les meilleurs outils pour faire leur travail. Sinon, ils s’en iront utiliser leurs connaissances dans l’infrastructure d’innovation d’un autre pays, suivis de leurs partenaires industriels et de leurs étudiants.

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