Enfin sortis de l’âge des ténèbres

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par Paul Kushner, Professeur à l’université de Toronto et utilisateur de Calcul Canada

Je suis climatologue et dans mon travail, j’utilise les modèles de systèmes terrestres de la toute dernière génération pour comprendre et prévoir les changements climatiques. Au cours de ma carrière, j’ai beaucoup travaillé avec des ressources en calcul informatique de pointe, au Canada comme aux États-Unis. Je me sers de ces ressources pour rassembler les données climatiques des dernières années et faire des prévisions pour les décennies à venir. Je veux comprendre les multiples facettes du réchauffement planétaire et du changement climatique. Présentement, j’étudie la modification et l’évolution des océans, de la glace marine et de l’enneigement pour connaitre leur effet sur la température actuelle au Canada et dans le monde.  (Sur la photo, vous avez un exemple des images intéressantes produites par mon groupe.) Pour conserver une place de choix dans mon domaine, j’ai besoin d’un superordinateur équipé de quelques centaines de processeurs ultrarapides, disponible 7 jours par semaine, 365 jours par année. Depuis plusieurs années maintenant, ce sont les excellents services en calcul de pointe de Calcul Canada qui me permettent de poursuivre mes recherches.

Russell Blackport, étudiant au doctorat, utilise les ressources de Calcul Canada pour analyser l’effet de la diminution de la glace marine arctique sur la température et les précipitations. En isolant les effets de la diminution de la glace marine sur le climat, nous avons pu conclure que la température hivernale s’élève plus au Canada qu’en Russie (en rouge, sur la gauche) et que les précipitations augmentent sur la côte ouest de l’Amérique du Nord (en rouge) alors qu’elles diminuent aux autres endroits.

J’ai vécu l’âge des ténèbres, ces dures années avant l’avènement du réseau informatique pour le calcul de pointe qui me sert aujourd’hui. Comme les autres chercheurs universitaires, je devais trouver du financement pour acheter et garder à jour mes propres ordinateurs dans mon département, ou bien tenter de bâtir des alliances avec des collaborateurs pour avoir un meilleur pouvoir d’achat auprès des fournisseurs d’équipement informatique. Obtenir du soutien technique adéquat était un vrai cauchemar et à cause de l’absence de structure, nous perdions souvent nos données… et notre temps.

Les ressources en calcul informatique de pointe et l’infrastructure gérée par Calcul Canada et financée globalement me permettent aujourd’hui d’avoir accès à des ressources précieuses via un processus d’évaluation par les pairs, de disposer de systèmes fiables gérés par d’excellents professionnels les TI, et d’utiliser mon temps pour réaliser des simulations et faire progresser mes recherches. Ceci rend bien service à mon université parce qu’une grande partie de mon salaire est pour la recherche et que c’est un gain appréciable dans un environnement où la recherche universitaire se finance par les fonds publics. La communauté de la recherche canadienne bénéficie de ressources en calcul de pointe qui font l’envie de nos collègues à travers le monde. L’an dernier, par exemple, j’ai utilisé le centre SciNet de Calcul Canada à Toronto pour produire un ensemble de simulations pour le projet international de modélisation des systèmes terrestres; aucun de mes collègues n’aurait pu accomplir un tel travail.  C’était pour moi une source de grande fierté pour le Canada.

L’accès à une infrastructure de calcul distribuée au niveau national crée un environnement des plus efficaces pour les chercheurs universitaires comme moi qui utilisent l’informatique. Un des avantages certains est le fait que tous les collègues canadiens partagent les mêmes ressources. Chaque année, je peux demander plus ou moins de ressources selon les circonstances, sans faire de mise de fonds pour de nouveaux équipements ou sans avoir à mettre au rancart des ordinateurs qui ne sont plus utilisés. Les installations de Calcul Canada peuvent aussi servir d’incubateurs pour les projets pilotes des chercheurs en début de carrière. Avec le soutien de Calcul Canada, ils acquièrent de l’expérience et peuvent faire évoluer leurs ressources selon leurs besoins, sans devoir modifier leur approche.

Cependant, depuis quelques années, je remarque une baisse des ressources à notre disposition en raison d’un manque de nouveau financement pour le calcul informatique de pointe en recherche. Maintenant que nous disposons de ressources enviables par les chercheurs du monde entier, quel dommage ce serait de retourner à l’âge des ténèbres! Il faut parler de cet accomplissement remarquable par des Canadiens. Insistons auprès des instances décisionnelles pour que le financement soit maintenu afin que nous conservions la tête du peloton en calcul de pointe.

 

 

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