Cyberinfrastructure nationale : découverte, recherche, innovation

Mark Dietrich, président et chef de la direction

Le calcul informatique de pointe en recherche est reconnu partout dans le monde comme une infrastructure essentielle pour la découverte, la recherche et l’innovation. Au Canada, nous sommes à construire notre propre modèle alliant des exploitations fédérées à des investissements concentrés, et à mettre en place un plan national en matière de technologie. Ce modèle nous permet de répondre aux besoins des chercheurs canadiens qui souhaitent demeurer compétitifs au plan international, d’activer les investissements scientifiques canadiens à grande échelle, et d’aider à attirer et à retenir des chercheurs de calibre international au sein des institutions canadiennes d’un océan à l’autre.

La capacité de Calcul Canada à soutenir d’excellents chercheurs partout au pays, où qu’ils soient situés et quelle que soit leur discipline, et qu’ils aient de petits ou de grands besoins, est une solution unique qui aide nos établissements à prendre leur place dans le monde. Tout comme ce fut le cas pour la construction de l’autoroute transcanadienne, l’ampleur des couts et l’expertise requise exigent un puissant modèle fédéré guidé par une planification et un leadership à l’échelle nationale. Le soutien local et l’expertise opérationnelle sont combinés à l’évaluation des besoins nationaux, à la promotion, aux exigences techniques et à la planification stratégique pour créer des systèmes et des services à la mesure des exigences d’aujourd’hui en matière de recherche.

Basé sur le mérite, le processus que nous avons instauré donne accès à une infrastructure de plusieurs millions de dollars. Il permet même aux plus petits établissements de concourir et donne à nos institutions de recherche plus grandes d’avoir accès à des ressources d’une ampleur qu’aucune institution, aucune région ou aucune province ne pourrait d’elle-même subventionner. Notre capacité de servir de grands comme de petits utilisateurs par l’entremise d’une plateforme intégrée à l’échelle nationale est le grand avantage du modèle de Calcul Canada. Elle fait l’envie de nombreuses collectivités internationales.

Le mois d’avril dernier a marqué la fin de ma deuxième année à titre de président et chef de la direction de Calcul Canada. Dans les 24 derniers mois, nous nous sommes dotés d’une équipe de direction puissante et géographiquement dispersée rassemblant des experts de toutes les divisions de Calcul Canada. Les principaux groupes en sont le Conseil de leadership technologique et le Conseil de leadership scientifique, de même que près de vingt équipes nationales dans des domaines spécialisés comme le stockage, le réseautage, les sciences humaines et sociales numériques, la visualisation, la communication et le soutien à la recherche. Je tiens à remercier ACENET, Calcul Québec, Calcul Ontario et WestGrid de leur contribution à toutes ces équipes parce que cette collaboration est ce qui fait la force et la pierre angulaire de cette organisation.

Véritable voix nationale pour le calcul informatique de pointe en recherche, la portée et le plaidoyer de Calcul Canada pour de plus grands investissements en ressources de CIP ont contribué à ce que le budget de 2015 annonce une somme de 100 millions de dollars en immobilisations pour la cyberinfrastructure au Canada.

Cette annonce est arrivée au moment opportun. Notre collectivité continue de croitre puisque nous desservons aujourd’hui plus de 10 000 utilisateurs incluant 3 000 professeurs chercheurs. Nous projetons une croissance de l’ordre de 60 pour cent dans le nombre de nos utilisateurs dans les prochains cinq ans, de même qu’une hausse de 7 fois la demande en calcul informatique et de 15 fois la demande en espace de stockage pour la même période. Nos utilisateurs et l’utilisation qu’ils font de nos services représentent les plus hauts échelons de la recherche canadienne. C’est pourquoi il est essentiel pour le Canada de continuer de faire croitre et de soutenir la plateforme nationale s’il souhaite continuer de répondre à cette demande et ainsi demeurer compétitif à l’échelle mondiale.

Demeurer compétitif signifie arrimer chacune de nos demandes de subventions et toute notre planification avec les besoins des chercheurs. Ceci commence par l’initiative du Plan durable pour l’informatique de pointe en recherche (PDIPR), une consultation régulière de la collectivité, mise en place en 2014 et répétée plus tôt cette année; elle est aussi prévue pour la fin de 2017 en prévision d’occasions de subvention futures. Cette rétroaction fournie par les chercheurs illumine nos décisions et nous aide à conserver en place un plan technologique qui définisse à la fois les investissements futurs en technologie et les exigences en matière de services qui, croyons-nous, seront nécessaires pour nous permettre de répondre aux demandes de nos utilisateurs. Ce plan peut être consulté sur notre site Web; il fait régulièrement l’objet de mises à jour.

La puissance de calcul nécessaire pour modéliser des systèmes complexes continue de croitre, tout comme les ensembles de données qui doivent être scrutés pour nous donner une meilleure compréhension du monde qui nous entoure. Que l’on parle de la combustion d’un moteur à réaction, du mouvement des médicaments et d’autres molécules dans les tissus vivants, des effets des changements climatiques sur l’océan et l’atmosphère ou de la collision de deux trous noirs, nos chercheurs canadiens ont besoin d’un accès accru à des ressources en calcul informatique et en stockage de données. Nous continuerons à travailler de près avec tous les chercheurs pour défendre des investissements soutenus dans cette infrastructure essentielle afin de nous doter de la capacité nécessaire pour continuer de répondre aux besoins grandissants en recherche et de nous permettre de donner aux chercheurs et aux innovateurs canadiens la possibilité d’atteindre de meilleurs résultats, et ce, plus rapidement.

Mark Dietrich | Président et chef de la direction